Un étudiant en dernière année, les yeux comme des soucoupes, clique « Postuler » sur LinkedIn, le bureau d’angle déjà en ligne de mire — pour se prendre une réponse courtoise d’un bot : « Merci, mais on est complets. »
L’IA vide les emplois d’entrée de gamme. La moitié des entreprises, selon Resume.org et Gartner, ont largué ou s’apprêtent à lâcher ces postes de départ. L’agentic AI — celle qui bosse en solo, sans surveillance — assure les permanences téléphoniques, les déchargements de données, les corvées. Les chatbots ? Zéro fiche de paie. Pas de RTT. Du 24/7.
Les cadres de la chaîne logistique ? À fond dedans. Sondage Gartner auprès de 509 dirigeants : 55 % voient l’agentic AI tailler dans les embauches juniors. 51 % anticipent une baisse des effectifs. Gros chambard ? 86 % confirment.
Qui trinque le plus ?
Les jeunes diplômés. Toi, le jeunot au diplôme tout frais. À mon époque — les années 90, biberonné à l’encre et aux rotatives — assistant éditorial, c’était standardiste, trieur de communiqués, couverture de chats coincés dans les arbres. Chiant ? Ouais. Mais les mentors veillaient, les compétences infusaient. Et hop, reporter quand la chance frappait.
Aujourd’hui ? Pouf. Resume.org : 21 % ont gelé les postes juniors dès maintenant. 36 % d’ici fin d’année. 47 % en 2027. Près de 1 000 patrons valident.
Jusque-là, jackpot d’économies pour les boîtes. Mais le hic — où est l’usine à futurs PDG ?
L’IA tue-t-elle vraiment les premiers boulots ?
Et comment. Ou presque.
Ces sondages ne sortent pas de nulle part. Resume.org suit les CV ; Gartner cuisine les costards de la logistique. L’agentic AI — ces bots autonomes qui rédigent des e-mails, mâchent les données logistiques — bouffe les tâches qui forgeaient les recrues.
« La formation va probablement basculer vers un mix d’internats, d’apprentissages, d’apprentissages par projets et d’exposition plus précoce au monde réel pendant les études supérieures ou formations pros », explique Dennison. « Écoles et entreprises devront collaborer plus serré pour que les étudiants sortent avec de l’expérience concrète, pas juste de la théorie. »
Kara Dennison, experte carrières chez Resume.org, balance du lourd. Stages. Apprentissages. En partenariat entre facs et boîtes. Sympa sur le papier.
Mais attends. Qui paie la facture ? Les entreprises qui serrent la vis sur les juniors ne vont pas financer des rotations de luxe. Les écoles ? Déjà à sec, elles crachent des théoriciens.
Rire jaune. Cette « solution » pue le coup de com — refiler le bébé à l’université pendant que les bots empochent les économies.
Le coup dans l’aile invisible
Mon angle perso : ça rappelle les usines du XIXe. Machines à vapeur, exit les apprentis artisans. Résultat ? Fosse aux compétences. Ouvriers analphabètes, patrons fragiles. Syndicats et écoles pro ont mis des décennies à raccommoder.
Aujourd’hui ? Les chaînes logistiques s’effritent sans talents rodés au feu. L’IA excelle en routine — stocks, itinéraires. Mais le jugement ? Alertes crise à 3 h du mat’ ? Bof. Les juniors apprenaient ça au front.
Pronostic : d’ici 2030, les directions se vident de leaders. Les boîtes thésaurisent les cadres intermédiaires, débauchent chez les voisins. Barrière d’entrée qui gonfle — stages avant stages.
Pourquoi les chaînes logistiques devraient s’en inquiéter ?
Parce que votre entrepôt n’est pas encore une ferme à bots. Pas tout à fait.
L’équipe de la chaîne logistique de Gartner s’inquiète des viviers de talents. 86 % veulent de nouveaux processus. Jolis mots. Mais l’agentic AI ? Elle automatise prévisions, relances fournisseurs, conformité — le pain quotidien des juniors.
Visualisez : plus d’yeux neufs pour dénicher les astuces en entrepôt. Plus de gamins à suer sur les audits fournisseurs, à apprendre des vieux loups. Juste du code. Du code froid, buggé.
Faites-moi plaisir. Un bot qui se syndique ? Réclame des pauses huiles ? Non. Mais les humains, ils for